Communiqué de presse

Paris, le mercredi 24 décembre 2025 – Après l’adoption du PLFSS 2026, les CHU sont préoccupés par les premières annonces sur la fin de l’exécutions budgétaire 2025 et sur le cadrage budgétaire pour 2026 pour les établissements de santé.

Ces annonces seront particulièrement sensibles dans un contexte tendu du fait des sous-financement des mesures salariales liées au Ségur RH. Le déficit des CHU a en effet doublé chaque année depuis 2021 : -200 ME en 2021, -400 ME en 2022, 800 ME en 2023, -950 ME en 2024.   Cette dégradation spectaculaire s’explique par la baisse d’activité consécutive à la période Covid mais surtout par les charges exogènes liées à l’inflation et aux revalorisations salariales nationales qui se sont succédées. Or les CHU ont identifié que les mesures salariales nationales sont très loin d’avoir été compensées compte tenu de leur mode de financement ne reposant qu’à 40 % sur la T2A. A cet égard, les CHU demandent la publication du rapport IGAS qu’ils avaient sollicité et qui porte spécifiquement sur ce sujet.

  1. Un Ondam très contraint, malgré l’abondement de 850 ME.

L’Ondam établissements de santé pour 2026 à 3,3%, en réalité 2,7 % hors augmentation des cotisations CNRACL, constitue déjà un défi important.

Au-delà de sa dimension faciale, il se traduira par une stabilité des tarifs de séjours. Les 850 ME ajoutés pendant le débat parlementaire permettent d’éviter une baisse des tarifs qui aurait été catastrophique mais sans toutefois autoriser une progression de ceux-ci.

De surcroît, les CHU sont plus particulièrement concernés par deux réformes de financement à fort impact, celle des médicaments et dispositifs sur la liste en sus et la réforme des RIHN, qui viennent spécifiquement durcir l’épure 2026 pour eux.

  • Une projection des volumes d’activité pour 2026 excessive.

Dans ce contexte déjà très contraint, l’arbitrage rendu d’une prévision d’activité à 2,7% en volume pour 2026 peut être considérée comme excessive au regard des réouvertures de lits déjà réalisées.

En post-Covid, les établissements de santé ont été confrontés à des fermetures de lits importantes qui représentaient en moyenne 8% de leur capacité.

Les mesures du Ségur de la santé et les décisions ultérieures de revalorisation ainsi que les plans mis en œuvre par les établissements ont permis de rouvrir progressivement les lits et, ainsi, de rétablir l’offre de soins.

Une partie des CHU a ainsi pu rétablir l’offre dès 2023. Ces établissements connaissent sur 2025, avec la réouverture complète de leurs lits, une stabilisation de l’activité.

A contrario, d’autres CHU n’ont pu pourvoir que progressivement leurs emplois vacants. Le rétablissement de leur offre de soins n’a donc pas été aussi rapide mais une fois ce rattrapage réalisé, ils connaîtront sur 2026 le même phénomène de plateau du trend d’activité.

Il est donc déraisonnable de prolonger sur 2026 la tendance d’activité observée sur 2025.

  • Le financement des mesures nouvelles déjà annoncées fragilisé.

Différentes mesures nouvelles ont été annoncées ces derniers mois par les pouvoirs publics.

Compte tenu de la prévision du volume d’activité actée, il est à craindre que les établissements aient à se financer eux-mêmes une bonne partie de ces mesures.

Le choix de mécanismes prudentiels excessifs aura donc un impact récessif concret sur les finances des établissements et la portée réelle des mesures annoncées par les pouvoirs publics.

La conférence des DG de CHU est in fine particulièrement préoccupée par des mécanismes prudentiels excessifs qui viendraient fragiliser leur situation, alors qu’ils apparaissent fondés sur une projection erronée de la dynamique d’activité 2025. Le piège serait d’ailleurs que l’accumulation d’hypothèses prudentielles sur les volumes d’activité et le risque de dépassement de l’Ondam se traduise par une mise en réserve de crédits hospitaliers qui, in fine, seront disponibles pour éponger les dépassements auxquels la ville nous a parfois habitués. 

 Les récentes Assises hospitalo-universitaires insistaient sur la nécessité de se concentrer sur le renforcement de l’attractivité du modèle hospitalo-universitaire afin de conforter la contribution des CHU en matière d’accès aux soins, d’universitarisation des territoires et de souveraineté sanitaire, scientifique et industrielle.

Contacts presse :

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Conférence Nationale des Directeurs Généraux de CHU Benoit SEVCIK, Secrétaire Général de la Conférence des Directeurs Généraux de CHU / 06 22 26 58 95